Séminaire

Paris 8, 2019

sur la scène contemporaine

Les gestes de la recherche

Séminairede Master en études théâtrales de l'Université de Paris 8

Parcours Scènes du Monde

Présentation générale

Ce séminaire innovant propose une série de séances-ateliers, chacune animée par un.e nouvel.le artiste, artiste-chercheur.e ou chercheur.e invité.e, et émane du projet de recherche «Performer les savoirs/Performing Knowledge» porté par Chloé Déchery et Marion Boudier. Ce séminaire combinera deux approches ; une approche esthétique et épistémologique qui reposera sur des analyses d'œuvres très contemporaines (spectacles, pièces, performances, processus) qui activent, mettent en scène, détournent, voire défont et déconstruisent les gestes de la recherche et les modalités de transmission du savoir (lire, écrire, communiquer, ou bien encore : écrire au tableau, faire une présentation Powerpoint ou parler dans un microphone)et une approche expérimentale et pratique qui permettra aux étudiant.e.s d’explorer, à partir d’outils, de techniques et de protocoles issus de diverses pratiques somatiques, performatives et théâtrales, de traverser, appuyer, étayer et nourrir une pratique de recherche personnelle.

Ce faisant, on pourra mettre à l’épreuve du plateau et de pratiques théâtrales ou performatives ce que déterminer un objet de recherche, collecter des données, entreprendre un travail d’archive, enquêter, mener un entretien, constituer un corpus peuvent vouloir dire et engendrer.

Des éléments de mise en pratique et d’expérimentation seront systématiquement proposés et les étudiant.e.s seront amené.e.s à préparer des lectures et exercices (écriture, tâche, partition, protocole) en amont de chaque nouvelle séance. 

Descriptif des séances

JEUDI 31 JANVIER : Séance d’introduction

« Penser et chercher en scène : qu’est-ce qu’une gesturologie de la recherche ? »
Introduction du projet « Performer les savoirs / Performing Knowledge »

JEUDI 7 FÉVRIER :

« Autour de Fénanoq »

Cécile Proust

« Je présenterai le spectacle Fénanoq créé avec Pierre Fourny pour le « Sujet à Vif » au festival d’Avignon en juillet 2018. Je proposerai des exercices de différents champs artistiques et des protocoles de travail issus de scores rencontrés, entre autres, auprès de la chorégraphe Anna Halprin. Ces processus seront mis en œuvre à la suite de lectures d’extraits de textes qui ont servis de supports historiques pour Fénanoq. Nous terminerons avec des propositions d’écritures et des moments performatifs créés par les participant·es. » 

JEUDI 14 FÉVRIER:

«Explorations performatives autour de l'objet : gestes, résonances et autobiographies »
Christophe Alix, Gwendoline Robin et Michela Sacchetto (ESA Le 75, Bruxelles, Belg.) 

La proposition de cet atelier de recherche démarre au plus près de la pratique, là où le geste et l'expérience de la matière peuvent être déclencheurs de la production et de la transmission de savoirs-faire et de récits. Avec la volonté de laisser émerger la théorie depuis la mise en œuvre de processus hybrides d'exploration, plusieurs actions sont proposées : la projection mentale de gestes ainsi que la manipulation sans partition d'objets, qui induisent certaines trajectoires du vécu ; la forme autobiographique construite à partir d'objets susceptibles de rentrer en écho avec la subjectivité collective ; l'écoute de l'autre, dans une dynamique d'observation active visant à "s'accorder" les uns aux autres. A l’issu de ces explorations, le groupe tentera de partager quelques éléments de raisonnement inductif lié aux processus de recherche artistique en art performance. 

JEUDI 21 FÉVRIER : 

«Strange Behaviors / stratégies de l’altération dans le design et l’art contemporain »
Emanuele Quinz (Paris 8)

Au-delà des formes et des fonctions, le design intervient sur les comportements, les postures, les attitudes, les gestes, affectant « de l’intérieur » l’expérience du quotidien. Nos comportements, nos gestes, nous définissent et nous racontent au même niveau que notre apparence ou notre nom, ils contribuent à constituer le prisme de notre identité et en même temps définissent notre rapport aux autres et au monde qui nous entoure.

Que se passe-t-il quand des designers d’objets ou des artistes inventent des formes inhabituelles pour les objets, non pas dans un souci esthétique ou fonctionnel, dans un idéal de beauté ou de confort, mais au contraire pour induire chez l’utilisateur des comportements singuliers, à leur tour inhabituels ? Comment qualifier cet inhabituel, ou singulariser ces inhabituels? Il s’agira donc autant d’étudier les comportements atypiques et les nouvelles relations à l’espace et au temps induites à partir de là, que de conceptualiser les objets ou les formes provoquant ces déviations. En s’appuyant sur des exemples historiques et des exercices on développera ainsi à cet occasion une réflexion sur les concepts d’objet, d’outil, de prothèse, de machine, d’architecture, en tant qu’ils déterminent des mouvements du corps autant que de nouveaux gestes dans l’espace, en s’attachant autant aux usages qui brouillent les frontières de ces catégories qu’aux différents espaces qui les voient jouer (espaces du quotidien, espaces du travail, espaces urbain, espaces de l’art ...).

 

 

JEUDI 7 MARS :

“Tangle and Weave: Collaborative Performance Composition” 

Karen Christopher (E-U/G-B), session menée en anglais

“The action verbs I will be developing and expanding on:

“to tangle” — entwine, intertwine, intertwist, twist, ravel, knot “to weave” — form (fabric or a fabric item) by interlacing long threads passing in one direction with others at a right angle to them. Interlace (threads) so as to form fabric. Make (a complex story or pattern) from a number of interconnected elements. Twist and turn from side to side while moving somewhere in order to avoid obstructions. This session will focus on concepts of tangling, interconnection, interweaving, and the studio as an intentional eco-system for the composition of performance work. As part of a process of reverse engineering my own studio research methodology I revealed a tendency toward beginning without knowing what, how, or where I am going. I don’t begin with research, instead, practical work in the studio reveals a research path which in turn reveals a direction for developing work in the studio. Alternating between context talk and practical activities of performance making we will employ ideas of weaving and tangling formally, contextually and as metaphorical content in a search for where meaning emerges from the organisation of material.”

 

JEUDI 14 MARS:

« Voyons voir »
Mathieu Bouvier (Paris8)

Dans le cadre d’une recherche théorique et pratique intitulée « Le travail de la figure : que donne à voir une danse ? », Loïc Touzé (danseur chorégraphe) et Mathieu Bouvier (artiste et chercheur) élaborent des dispositifs ludiques qui permettent de cultiver une approche figurale du geste dansé. Pensée pour le danseur comme pour la spectatrice, cette approche figurale consiste, en substance, à comprendre comment une danse peut donner à voir davantage que ce qu’elle montre. Au moyen d’intrigues perceptives, ces jeux chorégraphiques travaillent des dissociations critiques dans l’expérience du corps, du regard et de l’imaginaire. Façons de stimuler, chez la danseuse et le spectateur, une faculté de « voyance » en surcroît du visible.

La séance commencera avec un exposé théorique sur quelques excès de vision glanés dans l'histoire de l'œil, et se poursuivra avec une pratique de divination chorégraphique.
NB : Venir SVP avec des habits souples pour le mouvement. 

JEUDI 21 MARS :

« L'Encyclopédie de la parole : recherche et création »

Joris Lacoste 

L’Encyclopédie de la parole est un projet collectif qui explore l’oralité sous toutes ses formes en collectant des enregistrements de parole qui sont répertoriés et exposés sur son site internet www.encyclopediedelaparole.org. À partir de cette collection, qui comporte aujourd’hui plus de 1000 documents, l’Encyclopédie fabrique des expositions, des pièces sonores, des performances, des spectacles. Joris Lacoste présentera les modalités de la recherche elle-même, ainsi que de sa publication en spectacles et performances. 

JEUDI 4 AVRIL :

« (S’)observer observant »
Asaf Bachrach (CNRS) et Romain Bigé

Asaf Bachrach et Romain Bigé dansent, enseignent et écrivent ensemble, en articulant improvisation, philosophie et sciences cognitives. Ils collaborent au Labodanse, un projet CNRS qui pose la question : qu’est-ce que bouger ensemble ? Et plus avant : comment cela affecte-t-il nos sensations et nos modes de pensées ? Notre perspective fait appel aux savoir-sentir, aux savoir-faire et aux savoir-dire des danseurs-improvisateurs. Nous créons des dispositifs expérimentaux pour apprendre avec eux et non seulement à propos d’eux, en faisant la place pour l’auto- observation et en considérant la parole incarnée à égalité avec la science qui s’efforce de l’analyser. Dans cet atelier, nous partagerons quelques unes des « techniques de l’observation » que nous empruntons à nos pratiques de danse, en particulier, le Contact Improvisation et les Tuning Scores. Des temps d'échanges seront l'occasion de mettre ces observations en mots et de les mettre en perspective avec nos recherches universitaires. 

JEUDI 11 AVRIL :

« Genrer, déranger, dégenrer nos actions»

Raphaëlle Doyon (Paris8) et Chloé Déchery (Paris 8)

« Cette séance sera consacrée aux constructions de nos féminités et de nos masculinités, aux empêchements et aux inhibitions, mais aussi au pouvoir d’agir lié à notre genre.

Nous travaillerons à partir de deux sources :

-un récit court de chacun.e des étudiant.e.s (demande précisée ultérieurement),

- des verbes d’actions qui rendent compte de polarités mises en évidence par les pensées féministe et queer, et les réflexions sur les masculinités ; polarités qui traversent les représentions genrées et la littérature dramatique. (Exemples de verbes issue de la pensée féministe : Assister / abandonner ; céder / consentir ; oser / craindre ; prendre soin / malmener ; être empêché.e / être encouragé.e; être vivant, charismatique / être perturbatrice, hystérique). » 

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Intervenant.e.s

Christophe Alix est artiste, enseignant-chercheur en art performance, directeur de l’Ecole supérieure des Arts de l’image Le 75 à Bruxelles.

Karen Christopher is a collaborative performance maker, performer, and teacher. Her company, Haranczak/Navarre Performance Projects, is devoted to collaborative processes, listening for the unnoticed, the almost invisible, and the very quiet, paying attention as an act of social cooperation. She was a member of Chicago-based Goat

Island for 20 years until the group disbanded in 2009.

Karen is an Honorary Fellow of University College Falmouth, and Honorary Research Fellow at Birkbeck Centre for Contemporary Theatre, University of London, and an Artist Research Fellow in the Department of Drama at Queen Mary, University of

London.

Essays on performance and related topics by Karen Christopher have

appeared in “TDR,” “Frakcija,” “Theatre, Dance, and Performance Training,” “Green Letters,” and in the books Small Acts of Repair: Performance, Ecology and Goat Island (Routledge), DIY and DIY too (University of Chichester), Imagined Theatres: Writing for a theoretical stage (Routledge), and The Creative Critic: Writing as/about

Practice (Routledge).

www.karenchristopher.co.uk 

Cécile Proust est chorégraphe, danseuse, commissaire d’expositions et enseignante. Elle est diplômée du Master Expérimental en Arts Politiques créé par Bruno Latour à SciencesPo Paris. Ses œuvres interrogent la fabrique des corps, des danses, des genres, des images et des regards, elles sont reliées à des questions anthropologiques. Elles croisent de multiples champs théoriques et tissent des liens spécifiques avec les gender studies, les arts plastiques et l’espace public. Cécile Proust signe des chorégraphies documentaires qui mêlent danse, chant, vidéo, entretiens et textes. 

Gwendoline Robin est artiste plasticienne et performeuse. Elle travaille des matières élémentaires qu'elle développe sous forme d’installations et performances. Elle enseigne les recherches plastiques et tridimensionnelles à l’Académie des Beaux- Arts de Tournai et la performance dans l’atelier de Peinture à l’ESA Le 75, à Bruxelles.

Michela Sacchetto est historienne de l'art et commissaire d'exposition. Elle poursuit une thèse de doctorat en histoire et théorie de l'art de l'UCL de Louvain-la-Neuve. Elle donne cours à l'ESA Le 75 et à l'erg, à Bruxelles. 

 
 
 

Séminaire

INHA, 2018

Autour de Newton, Pandora et Sawyer

(Louise Hervé et Chloé Maillet)

Première séance du séminaire « Performer les savoirs » 

jeudi 13 décembre 2018 de 10h à 13h à l’INHA

(2 rue Vivienne, 75002). Salle Fabri de Peiresc.

Nous recevons Louise Hervé et Chloé Maillet autour de leur conférence-performance Newton, Pandora et Sawyer, expérience inédite de collaboration avec une galerie d'art contemporain et une ménagerie pour échanger des objets entre humain et kea (perroquet de Nouvelle Zélande), en discussion avec Pierre-Olivier Dittmar, Maître de conférences en Histoire à l’EHESS, qui étudie les relations entre hommes et animaux, la notion d'animalité et de bestialité hier et aujourd'hui.

A partir des travaux menés notamment par Laura Cull autour de la compagnie Fevered Sleep sur la manière dont la performance peut transformer la philosophie et être transformée par l’animal, nous observerons quelques interactions humain-animal et questionnerons les enjeux du théâtre sur /pour / avec des animaux, les collaborations académiques, échanges de savoirs, phénomènes de vulgarisation et connaissance incarnée qu’il engage.

Louise Hervé et Chloé Maillet, performance à la MSH le 21/06/18, Newton, Pandora et Sawyer, première édition de "Performer les savoirs"

 

Séminaire

UPJV, 2018

Cerebrum, le Faiseur de réalités

(Yvain Juillard)

Intervention à l’UPJV le 11 octobre 2018

En partenariat avec la Fête de la science, la Maison du théâtre, l’UFR Arts et le S2C de l’Université de Picardie Jules Verne, Yvain Juillard a animé un workshop avec les étudiants de Master en pratiques et études théâtrales le 10 octobre et présenté sa conférence-spectacle Cerebrum, le Faiseur de réalités  le 11 octobre dans le grand amphithéâtre de la Citadelle.

Cerebrum, le Faiseur de réalités 

Et si la réalité n’était qu’une fabrication de notre cerveau ? Lorsqu’on établit une comparaison entre le cerveau humain et l’univers, on découvre des similitudes surprenantes. Par le nombre incalculable des cellules qui le composent et de leurs liaisons, le cerveau est tout aussi impénétrable que l’univers est infini. La grande fascination de l’étude du cerveau repose sur l’espoir qu’y placent les Hommes d’apprendre ainsi ce qu’ils sont et d’aller encore un peu plus loin dans l’exploration de la définition de leur existence.

 

Ancien biophysicien spécialisé dans la plasticité cérébrale, aujourd’hui acteur, Yvain Juillard nous propose lors d’une conférence- spectacle d’interroger le fonctionnement de notre cerveau afin de questionner la nature multiple de la réalité. Le cerveau, siège de notre mémoire, de nos perceptions, de notre identité, demeure cet organe à la fois intime, mystérieux car méconnu par la plupart d’entre nous. Ce spectacle, à travers des expériences simples et ludiques, désire transmettre au public les dernières connaissances scientifiques en la matière. Une occasion unique de débattre simplement des récentes découvertes des neurosciences.

Cerebrum, le Faiseur de réalités, Yvain Juillard

 

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