Journée-laboratoire

3e édition

« Comment faire entendre une parole savante? »

mercredi 18 mars 2020 au Théâtre Universitaire de Nantes

Avec : Laurie Bellanca et Benjamin Chaval (Kom.post, Berlin), Olivier Boréel et Perrine Mornay (collectif Impatience, Paris), Charlotte Couturier (Bruxelles), Louise Hémon et Emilie Rousset (John Corporation, Paris), Eric Méchoulan (Université de Montréal), Colyne Morange (Stomach Company, Nantes), Angeline Ostinelli et Tanguy Wermelinger (collectif g.u.i, Paris), Dominique Pelletier (Ifremer, Nantes) et les étudiant.e.s du séminaire "Les gestes de la recherche sur la scène contemporaine" de Chloé Déchery (UP8, Saint Denis)

Troisième édition du cycle Performer les savoirs / Performing knowledge proposé par Marion Boudier et Chloé Déchery, cette journée d’expérimentation et de recherche interrogera les modes d’adresse et d’écoute dans le champ de la création artistique au théâtre et en performance. Comment faire entendre une parole savante ? Dans quelles dispositions d’attention se situe-t-on à son égard ? Quels sont les enjeux et la portée de ces savoirs incorporés et mis en voix ? Les arts du spectacle offrant aujourd’hui une place accrue à la création sonore, à la voix et au chant, aux situations d’entretien ou à des formes réinventées de récit radiophonique, nous nous demanderons comment la scène peut devenir le lieu d’une activation sensible et collective du savoir.

Initié en 2017, Performer les savoirs interroge l’épistémè de la scène contemporaine à travers l’étude et l’expérimentation de démarches scéniques qui performent des savoirs, soit en actualisant des savoirs anciens, soit en créant et faisant circuler de nouveaux savoirs méta-théâtraux, artistiques ou scientifiques. Sous quelles formes l’œuvre artistique contemporaine peut-elle mettre en acte et en scène des connaissances et des gestes de recherche ? Comment s’articulent création, recherche et pédagogie dans ces pratiques ? Existe-t-il des techniques, des cadres ou des dispositifs communs repérables sur la scène actuelle et transférables hors du champ artistique ?

Fondées sur le modèle de la « journée d’étude » dans le champ académique, les journées-laboratoires organisées par Performer les savoirs proposent pour cette troisième édition un renouvellement des formes du congrès en laissant une large place à l’expérimentation et à des formes de théorisation ancrée, notamment à travers des ateliers-workshops, des échanges de bonnes pratiques (Peachy Coochy) et un ensemble de situations participatives ainsi que des possibilités de retour sur expérience pour les participant.e.s. Quatre journées laboratoires ont ainsi déjà eu lieu, en 2018 à Paris pour interroger l’éthos et les postures de l’artiste-chercheur·e et du chercheur-e-artiste, et, en 2019, à Amiens autour de l’usage de documents en scène.

Programme

Mercredi 17 mars - spectacles


19h : Lumen texte, Olivier Boréel et Perrine Mornay
20h30 : Rencontre avec Pierre Pica, Emilie Rousset


Mercredi 18 mars


9h : café d'accueil et introduction - Marion Boudier (MCF, UPJV) & Chloé Déchery (MCF, UP8)


9h30-11h30 : deux workshops (programmation concomitante)
- Louise Hémon et Emilie Rousset (John Corporation, Paris) : “Interpréter l'archive scientifique”
- Charlotte Couturier (Bruxelles) : “Voix de l'écriture”


11h30-12h30 keynote - Eric Méchoulan (Université de Montréal) : “Documenter une ambiance / performer un savoir : à propos de Disintegration Loops de William Basinski”


12h30-14h : pause déjeuner – menu réflexif par Sylvie Pires Da Rochas


13h45 : restitution / documentation - g.u.i #1 (Tanguy Wermelinger et Angeline Ostinelli)


14h-16h : Peachy Coochy - “Comment faire entendre une parole savante ?”, modération : Marion Boudier
– Laurie Bellanca : « Lecture à haute voix et émancipation. » (Kom.post, Montpellier)
– Charlotte Couturier : « Insultes sexistes : test (oeil/oreille). »
– Chloé Déchery : « Comment faire entendre la voix d'une plante verte (une Bardane) en scène ? »
– Louise Hémon : « La voix-off documentaire : son influence sur la perception des images. »
– Colyne Morange : « Donner à sentir le syndrome de l’imposteur. » (Stomach Company, Nantes)
– Perrine Mornay et Olivier Boréel : « Faire attention aux signes (ou faire entendre les signes) », (collectif Impatience, Paris)


16h30 : 2 performances participatives (programmation concomitante)
– Laurie Bellanca et Benjamin Chaval, Lectures électriques, CORPUS#SAVOIRS
–Colyne Morange, Les Gens Importants


17h30 : Dialogue art et sciences - Conversation entre Emilie Rousset, Louise Hémon et Dominique Pelletier (EMH, IFREMER)


18h15 : Apéritif dînatoire et retours - Restitution / documentation avec g.u.i #2 (Tanguy Wermelinger et Angeline Ostinelli)

Laurie Bellanca, Lectures électriques CORPUS#COSMOS, © Hugard&Vanoverschelde

Interventions

Bienvenues, Charlotte Couturier au Queer club for hOt bodies,  ©Gaelle Mata

1/1

Intervenant.e.s

Laurie Bellanca

est artiste, formée à la danse, la musique et la philosophie. Elle crée aux côtés de Camille Louis, le collectif Kom.post à Berlin en 2009 dans lequel elle développe une recherche autour de récits situés, «L’occupation des ondes» à La Panacée (2013); «Sonospheres» à La Gaîté Lyrique (2012);  « La Fabrique du commun » ou encore « autour de la table » auprès de Loic Touzé, Anne Kerzerho et Alain Michard. Elle signe la réalisation sonore et scénique de la fiction radiophonique « Je peux presque tout voir » aux côtés de Caroline Masini (théâtre La Vignette, CNES, Phonurgia, Scène nationale de Belfort, 2016) et développe depuis 2016 « Les lectures électriques » (Centre Pompidou, BPI, Rencontres d’Arles, Mucem, Mnhn, Institut Français Agadir, Athènes, Thessalonique…). Elle est par ailleurs interprète et assistante aux côtés du metteur en scène Lazare, “Petits contes d’amour et d’obscurité” (TNB, Rennes, 2015) et “Sombre Rivière”  (TNS, MC93, CDN de Montreuil 2017), accompagne les recherches de la Cie La Zampa (Montpellier Danse, Festival d’Uzès) et assiste à la mise en scène Léa Drouet pour la création « Boundary Games » (KFDA, 2018) et « Violence(s) » (Nanterre-Amandiers, 2020).

Olivier Boréel

est né en en 1975 à Saint Denis. Il est metteur en scène, comédien et performer. Il est membre du Collectif Impatience. En parallèle de son travail d’interprète (il a joué, entre autres, sous la direction de Cecilia Bertoni, Christelle Harbonn, Guillaume Gatteau, Perrine Mornay, Patrick Pelloquet, Pierre Sarzacq, Cie Arcalande...), il a développé une recherche autour de la performance. Son travail de mise en scène explore des questions liées au documentaire (La route court sans arrêt afin de faire se reposer les trottoirs 2008), à l’essai (Dire Double, 2007), au divertissement (Tricheurs 2012 et Tri-potes, 2005) et à la place de l’écriture (Tous voulaient en être, 2013).

La saison passée, il a créé avec Perrine Mornay, l'installation Un couteau dans le dos du théâtre pour le théâtre de Vanves. Il est également assistant à la mise en scène pour l’Encyclopédie de la Parole sur le spectacle Blablabla.

 

Benjamin Chaval 

est musicien, compositeur et créateur de dispositif sonore. Il accompagne depuis 2016 Laurie Bellanca pour le versant sonore des Lectures électriques et plus particulièrement sur le volet installation plastique du projet (Centre Pompidou, Bpi, Musée Royal de Mariemont). Il participe en tant que musicien à différents projets comme BARGOU 08 ,(Womex 2016),  Scarlett O’hanna , JProck ou encore Le jour du Seigneur aux côtés d’Arnaud Paquotte et Kayto Winsee ainsi que le groupe ZOHO avec Aymeric De Tapol et Grégory Duby. Il crée par ailleurs pour différents réalisateurs, les bande-sons et habillages sonores de plusieurs films dont « Sinjar, La naissance des fantômes » réalisé par Alexandre Liebert à partir des images de Michel Slomka.

Charlotte Couturier

Performeuse, militante et professeuse d’expression orale, Charlotte Couturier a étudié en école d'art l'interprétation et la mise en scène de théâtre et à l'université les langues, les lettres et la dramaturgie. Elle a également développé une pratique de la voix depuis de nombreuses années.

Artiste scénique et vocale, Charlotte Couturier joue essentiellement dans le cadre de performances parlées ou chantées. Elle a participé à des créations scéniques (Suite n.1 - ‘ABC’ de Joris Lacoste/L’ Encyclopédie de la Parole), des performances téléphoniques (Call me d’’Aurore Dal Mas) et tenu une chronique poétique en direct sur les ondes de Radio Campus Bruxelles consacrée aux poétesses. Elle a également été la voix des Halles de Schaerbeek, a participé à des dizaines de lectures en public dans toutes sortes de lieux (scènes, musées, librairies, bibliothèques) et a mis en scène des performances textuelles pour, notamment, les Museum Night Fever 2013 et 2014 (Bruxelles). Aujourd’hui, elle fait partie d’une chorale queer et féministe nommée le ‘Hot bodies choir’, dirigée par Gérald Kurdian : CHOIRS | HOTBODIES.

Son écriture a commencé à intégrer son travail scénique en 2016. D’abord, avec la performance L’ Amour présentée au Lac (Bruxelles) puis avec F. (l’autre femme), une création collective présentée au Festival Factory de Liège en 2017. Son premier solo, intitulé LA femme a été présenté au festival LadyFest BXL en mars 2019. Bienvenues !, une performance sur les insultes sexistes a été créée en décembre 2019 à la Maison des Métallos (Paris).

Son premier outil militant fut un livre vivant sur les discriminations sexistes dans le milieu artistique, créé en 2016 et présenté depuis de nombreuses fois en Belgique et en Italie. Charlotte est également active depuis sa création au sein du collectif F(s) regroupant les femmes du secteur culturel en Belgique. Attentive à y développer des outils de formation, elle a notamment co-organisé le festival “Pratiques de survie en milieu culturel” qui a eu lieu à La Bellone en septembre dernier. Elle a, par ailleurs, participé au développement d’une émission sur les questions de genre, en direct sur les ondes de Radio Panik : Faire genres - Home

Elle a commencé à transmettre l’art théâtral en 2009, à toutes sortes de publics et ses formations ont peu à peu évolué vers un travail sur la prise de parole, la voix, l’expression orale au sens large. Aujourd’hui, elle donne des formations auprès de structures telles que le CFS à Bruxelles, la Smart ou encore, le réseau F.a.r., l’Université Saint-Louis et Vie Féminine. Sa clientèle est composée d’une grande majorité de femmes, particulièrement gâtées en termes d’obstacles au rayonnement de leur parole dans l’espace public. Elle travaille à les outiller en conscience.

Charlotte accompagne également des artistes dans leur processus de création, comme la performeuse Chloé Déchery actuellement en résidence au studio-théâtre de Vitry et au 104 Paris : Première (current) – Chloé Déchery /////

Louise Hémon

Diplômée de l'Atelier documentaire de La Fémis, Louise Hémon est notamment l’auteure d’un court-métrage de fiction «Onze repas»(Prix du jury au Festival d’Aguilar - 2010), d’un péplum documentaire «L’homme le plus fort»(Hot Docs Toronto, FIFIB et diff. ARTE - 2015) et d’un spectacle «Rituel 4 : Le Grand débat», interprété par Laurent Poitrenaux et Emmanuelle Lafon, co-signé avec Emilie Rousset (Festival d’Automne à Paris - 2018). Son travail d’art vidéo est montré au Centre Pompidou, à la Fondation d’entreprise Hermès, à la Fondation Lafayette Anticipations, au Festival Côté Court, à la Gaîté Lyrique… Lauréate du Fonds d’aide à l’innovation du CNC, elle réalise «Une vie de château», documentaire de cape et d’épée auquel l’actrice Julia Piaton prête sa voix, et diffusé sur ARTE en 2019. Après un passage par la Berlinale Talents, elle développe actuellement son premier long-métrage de fiction au sein de la Sélection Annuelle du Groupe Ouest.

Eric Méchoulan

est professeur de littérature à l’Université de Montréal. Il a été aussi directeur de programme au Collège international de philosophie et professeur invité dans diverses institutions (EHESS, Harvard, Tsinghua-Beijing, Oran, les ENS, Paris 8, Paris 3, Cambridge, Bloomington, ENS Port-au-Prince). Il a publié récemment D’où nous viennent nos idées ? Métaphysique et intermédialité, 2010 ; La crise (du discours) économique : travail immatériel et émancipation, 2011 ; Lire avec soin : amitié, justice et médias, 2017 ; De l'espace numérique, avec Marcello Vitali-Rosati, Sens Public, ebook, 2018.

Colyne Morange

Formée en littérature et langues à l’Université de Nantes, au Conservatoire d'art dramatique de Nantes (CNR), puis à l'école supérieure de l'IAD (Belgique) elle travaille comme performeuse, metteure en scène et auteure. Quelques expériences marquantes : assistanats mise en scène pour Jonathan Capdevielle, Julien Gosselin, Anne Théron - les Productions de Merlin, collaborations avec Olivia Grandville, Loïc Touzé.

Inspirée par la scène flamande pluridisciplinaire (Les Ballets c. de la b., Victoria, Arne Sierens, TG Stan...) elle fonde avec Mathilde Maillard en 2004 à Nantes une compagnie étudiante, et initie un travail autour de l'écriture de plateau et la création de nouveaux langages scéniques. Après quelques années de formation en Belgique, en Italie et en Allemagne (Gob Squad, She She Pop, Motus, Federico Leon,…) elle fonde Stomach Company à Nantes en 2012, groupe théâtral à géométrie variable qui constitue son activité principale.

Dans son travail, en étroit lien avec ses partenaires, elle cherche à fabriquer des formes inédites, mêlant les genres artistiques, en s’intéressant à des problématiques qui remuent d’abord au niveau intime, le ventre, les sens. Impressions observées ou décrites toujours en lien avec le même contexte : la société néolibéraliste où prédominent les valeurs marchandes, les chiffres et les résultats. Après avoir exploré les non-lieux et ce qui s’y produit d’étrange (aires d’autoroute, ronds-points) elle s’est concentrée sur une recherche scénique autour du sentiment d’imposture. Au plateau, elle aime jouer sur le fil entre réalité et fiction (avec les interprètes et la place des spectateurs), revendique une tendresse pour le ratage, et tente de partager le regard absurde, avec humour, qu’elle porte sur ce qui l’entoure.

Basée entre Paris et Nantes depuis 2017, elle est artiste compagnon du TU Nantes, scène pour l’émergence et la jeune création artistique jusqu'en juin 2020.

Perrine Mornay

est née en 1980, en France. Elle vit et travaille à Paris. Elle est formée à l’Ecole des Beaux- Arts de Paris. Depuis elle mène un trajet allant de la photographie vers le spectacle vivant, créant des performances, des pièces chorégraphiques ou des installations. Ses recherches partent toujours de documents qu’ils soient virtuels, textuels, humains, visuels, pour créer des partitions qui orchestrent leurs apparitions et leurs disparitions.

Ses premières pièces déambulent volontairement dans des lieux à l’architecture forte. Pour le théâtre, elle développe ensuite une écriture où la représentation rencontre l’installation et la performance. Certaines de ses pièces s’appuient sur des oeuvres littéraires dont elle fait l’adaptation (le Journal de W. Gombrowicz, Brefs Entretiens avec des hommes hideux de Foster Wallace). Dans Western, elle revient à l’idée de la photographie et écrit une partition lumineuse pour boite noire. Parallèlement, elle crée des performances en extérieur in situ avec About Frames (Dello Scompiglio-Italie) et Il ne se passe rien (avec le Théâtre de Vanves) ou des installations immersives et participatives comme Le Grand Jeu (co-écrit avec Sébastien Rouiller) et Un couteau dans le dos du théâtre (co-réalisé avec Olivier Boréel). En mars 2020, elle créera Bâton autour de sa rencontre avec Mélanie, entraîneuse de twirling bâton.

Angeline Ostinelli

est artiste, graphiste et enseignante. Elle vit et travaille à Paris. Elle enseigne l’édition à l’École Supérieure d'Art et de Design d’Angers.

Au travers de la création graphique, mais aussi radiophonique, performative, curatoriale, évènementielle, ses projets interrogent la place du livre dans l’art contemporain et visent à inventer des nouvelles formes d’écriture, de lecture et de diffusion.

Après des études de graphisme, Angeline Ostinelli travaille d’abord à Amsterdam, puis intègre le collectif g.u.i. Depuis 2011, en tant que membre actif du collectif, elle conçoit et réalise diverses publications en ligne et imprimées. Depuis 2016, elle collabore régulièrement avec la radio *DUUU et avec Sophie Lapalu. Elle développe Quiproquo, un dispositif d’exposition, de diffusion et d’échange de livres entre auteurs et auto-éditeurs. En 2016, elle est commissaire d’une exposition de livres d’artistes intitulée Une journée sentimentale à la Galerie Ygrec. En 2017 elle contribue à Ce que l’édition fait à l’art, une exposition et un catalogue édité par Tombolo Presses. Elle organise également le cycle de lectures Florilège, vol. 1. Sangama en compagnie de Raffaella della Olga, Jérôme Dupeyrat et Camila Oliveira Fairclough. En 2018 et 2019 elle rejoint la formation Marmelade du groupe Shrouded & The Dinner pour deux concerts au Cnap, la Nouvelle Adresse et aux Laboratoires d’Aubervilliers.

Émilie Rousset

Émilie Rousset est metteuse en scène, au sein de la compagnie John Corporation elle explore différents modes d’écriture théâtrale et performative. Elle utilise l’archive et l’enquête documentaire pour créer des pièces, des installations, des films. Elle collecte des vocabulaires, des idées, observe des mouvements de pensée. Ensuite elle les déplace et invente des dispositifs ou des acteurs incarnent ces paroles. Une superposition se crée entre le réel et le fictionnel, entre la situation originale et sa copie. 

Après avoir étudié à l’école du TNS en section mise en scène, elle a été artiste associée à la Comédie de Reims.  Au Grand Palais, pour la Monumenta Kabakov, elle a créé « Les Spécialistes » un dispositif performatif qui se réécrit en fonction de son contexte d’accueil. La pièce a été reprise dans de nombreux théâtres, musées, et festivals. Elle co-réalise une série de films courts avec Louise Hémon, « Rituel 1 : L’Anniversaire », « Rituel 2 : Le Vote », « Rituel 3 : Le Baptême de mer ». Ces films ont été projetés dans des festivals de cinéma et d’arts vivants, ainsi qu’au Centre Pompidou. Pour le Festival d’Automne 2018, au sein du programme New Settings de la Fondation d’entreprise Hermès elle créé « Rituel 4 : Le Grand débat » qui met sur scène le tournage d’un débat présidentiel et « Rencontre avec Pierre Pica » qui retranscrit son dialogue avec un linguiste. Elle vient de créer avec Maya Boquet « Reconstitution : Le procès de Bobigny » au T2G - Théâtre de Genneviliers dans le cadre du Festival d’Automne 2019. La pièce, qui a remporté l’appel à projet du Groupe des 20, tournera en Île de France en 2020.

Tanguy Wermelinger

oeuvre à la conception et au développement d'interfaces numériques (UI/UX), d'identités graphiques, de design éditorial au sein du collectif g.u.i.

À travers une pratique de recherche qui prend forme dans plusieurs projets éditoriaux, il utilise les méthodes d'investigation du journalisme pour questionner les pratiques de production d'éléments narratifs et leurs déploiements dans l'espace médiatique.

Il conçoit ainsi des dispositifs éditoriaux prospectifs (édition, affiche, conférence, objet) et analyse ceux de la photographie de presse à travers plusieurs projets de recherches. Ceci afin d'en réinvestir les mécaniques dans d'autres champs.

Il enseigne le design numérique à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée.

 
 

keynote | Eric Méchoulan

DOCUMENTER UNE AMBIANCE / PERFORMER UN SAVOIR

A propos de disintregation Loops de William Basinski

 

Pendant que passera l’œuvre vidéo (musique en boucle et plan fixe) du compositeur américain William Basinski, Disintegration Loops (1h02’18’’), je m’attacherai à décrire les spécificités de l’analyse du sonore à partir de l’œuvre entendue et les façons dont on peut penser la constitution d’une ambiance et ses manières de documenter un événement.

Peachy Coochy

COMMENT FAIRE ENTENDRE UNE PAROLE SAVANTE ?

Colyne Morange : Donner à sentir le syndrôme de l’imposteur

Comment donner à sentir, à travers une situation scénique et plusieurs performers, un phénomène décrit théoriquement, mais qui ne se voit et ne se dit pas : le sentiment d’imposture ?

Laurie Bellanca : Lecture à haute voix et émancipation

Comment le livre persiste à être un outil d’émancipation aujourd’hui ? Comment les auteurs et les lecteurs s’accommodent et s’inventent à l’heure des mutations de l’écrit et des langues du tout-monde? Que racontent nos pratiques de lecture et notre rapport au récit dans la composition d’un commun ? Et enfin comment les genres littéraires viennent accompagner, appuyer ou contrecarrer les récits sociaux  ?

Charlotte Couturier : Insultes sexistes : test (œil/oreille)

Louise Hémon : La voix-off documentaire : son influence sur la perception des images

Récit historique et récit scientifique. Mise en perspective du travail de la voix à partir de deux expériences documentaires (films “Une vie de château” et “Racleurs d’océans”).

Perrine Mornay et Olivier Boréel : faire attention aux signes

Réfléchir une assemblée face aux signes / relier un public à l'écriture

Chloé Déchery : Comment faire entendre la voix d’une plante verte (une Bardane) en scène?

Dialogue art et sciences | Louise Hémon, Emilie Rousset & Dominique Pelletier

Ateliers

Interpréter la parole scientifique | Louise Hémon et Emilie Rousset (John Corporation, Paris)

Workshop autour des entretiens sonores et récits écrits de l'océanographe Anita Conti.

Voix de l'écriture | Charlotte Couturier

cet atelier mêlera lecture à voix haute, écriture et vocalisation. Nous explorerons ensemble un des documents marquants du mouvement féministe.

Performances

Restitution / documentation | g.u.i

À partir d’un dispositif de prises de notes en ligne, une documentation écrite des événements de la troisième édition de Performer les savoirs est réalisée. Les contenus recueillis sont restitués sous une forme performative à des moments clés de la journée. Le dispositif propose ainsi une manière de rendre compte des contenus notés, vivante et subjective.

Lectures électriques CORPUS#SAVOIRS | Laurie Bellanca et Benjamin Chaval

Un lieu, une question, un ensemble de textes, des micros, des outils de montage sonore, un point de vue et la volonté d’articuler la littérature- fiction, essai, poésie, pamphlet – à notre présent, c‘est-à-dire littéralement, à nos lectures du monde. À la manière d’une création radiophonique en direct, les lectures électriques sont une traversée d’extraits de textes lus à haute voix. Dérivant de livre en livre au sein d’un corpus prenant en compte le contexte dans lequel il se partage, cette performance convoque la sensation auditive, la mémoire de lecteur comme la capacité d’imagination du spectateur.

 

Comment le livre au travers du temps persiste, compose et inscrit un possible commun ? Comment s’actualise-t-il en se mettant en rapport avec un environnement? Comment crée-t- il de l’image ? Comment est-il possible d’articuler la pratique solitaire de lecteur à celle collective d’une expérience sensible et hors les pages telle qu’une performance sonore ?

 

Dans le cadre des rencontres “Performer les savoirs #3”, il s’agira de traverser un ensemble de textes questionnant notre rapport à la pensée et à sa physicalité. Comment les savoirs viennent côtoyer les corps et s’incarner dans un dialogue où gestes et réflexions se trouvent intimement liés ; quelles voix portent un discours, quels silences invitent à la considération, quelles mains s’inventent à partir des regards ? Des sciences humaines à la fiction en passant par le poème, le corpus rassemblé proposera une lecture oblique de nos relations sensibles aux connaissances.

Les Gens Importants | Colyne Morange (Stomach Company)

Les Gens Importants est un solo performatif, créé en 2017, et actuellement en cours de re-création. Il est l’une des parties émergées d’une recherche scénique au long cours autour du sentiment d’illégitimité, ou « syndrome de l’imposteur » : la peur panique et secrète de ne pas être à la hauteur, à la place que l’on a pourtant cherché à occuper. La pièce met en scène une jeune femme, venue pour présenter à un public les avancées de sa recherche. Si la forme joue avec les codes de la présentation de projet ou de la performance - adresse directe aux spectateurs, tentative de structure et exposition directe du sujet - elle nous plonge en réalité dans l’esprit imbibé de sentiment d’illégitimité de la personne en présence. Elle donne à entendre ses projections catastrophiques, son monologue intérieur, ses tentatives de correspondre à une multitude de valeurs contradictoires, qui l’entrainent à sa perte.

Cette pièce, un work in progress, est une tentative de donner corps et voix à ce phénomène, observé et théorisé par la psychologue Pauline Clance, et décrit par Belinda Cannone dans l’essai « le sentiment d’imposture ».

 
 
 
 

© 2018 by Performer les savoirs. Proudly created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now